Le nouveau télésiège du Semnoz est donc terminé (HDS du 12/10).Faut-il s’en féliciter ? Les associations environnementales qui ont attiré l’attention sur l’impact paysager désastreux du projet invitent maintenant le public à se rendre sur place pour constater de visu s’il constitue une amélioration comme certains le prétendent.
En réalité de nombreux projets d’aménagement sont contestés par les associations, c’est que la plupart du temps on les sort du chapeau sans ou contre l’avis du public et que d’autre part l’intérêt général dont ils se prévalent est loin d’être évident.
Ainsi comment ne pas s’indigner en apprenant que le projet ridicule de Parc animalier du Revard que tout le monde croyait enterré est toujours d’actualité malgré l’avis négatif des communes, du PNR et du commissaire enquêteur ? Comme pour l’extension de la carrière de Bellecombe, force est de constater que, en face de certaines volontés, l’avis du public n’a aucun poids.
Pour en revenir au Semnoz on annonce l’étape suivante : la création de la piste panoramique même si c’est pour annoncer que cette fois le projet ne «passera pas en force » Nous nous permettons d’en douter.
Il est vrai que le dossier qui a été présenté aux associations est au stade de l’étude de faisabilité mais tout aussi vrai que son budget est bouclé et les subventions du conseil général votées. Sans la « mauvaise querelle » initiée par les associations il avait toute chance d’être réalisé en l’état. Nous continuerons donc à être vigilants.
Mais pire encore que le manque de concertation, c’est l’absence de perspective qui nous chagrine..
Malgré le discours officiel sur le « développement durable » on continue comme avant à miser sur le développement tout court (en l’occurrence un enneigement hypothétique). On élabore des projets en se disant qu’ils seront (peut-être) intéressants économiquement. Ensuite on commande une étude d’impact qui démontre à tout coup qu’ils n'entraînent pas de préjudice pour l’Environnement.
C’est à une toute autre attitude que les réflexions initiées par le récent « Grenelle de l’Environnement » nous invitent. Le Revard, le Semnoz ne sont pas seulement d’agréables lieux de détente pour les citadins ou d’attraction pour les touristes. Ce sont avant tout des réservoirs de vie et pour être véritablement « durable » un aménagement doit être intégré dans une gestion globale qui préserve la biodiversité ordinaire. Contre une tendance de plus en plus affirmée à transformer les « montagnes de proximité » en parcs urbains, on se prend à rêver pour elles un destin de lieu d’éducation à la Nature.